Caroline Pochon: De Deuxième Femme aux Hommes de Billancourt

Elle est là où on ne l’attend pas . Cette française, sénégalaise de cœur, nous raconte comment elle s’est retrouvée au pays de la Teranga. On n’en sait plus…..

Pouvez-nous raconter ce qui vous a amené au Sénégal?

Ce qui m’a amenée au Sénégal ? La route puis un train 😉 car j’ai rencontré un réalisateur à Ouagadougou, au Fespaco et je l’ai suivi dans sa famille. Plus largement, j’étais attirée par l’Afrique et j’avais eu un copain sénégalais en France. C’est un pays avec lequel j’ai un lien très affectif. En 2007, je me suis même inscrit aux Langues O à Paris pour apprendre le wolof. Mais je suis très loin de le parler encore…

D’où vous ai venu l’idée de créer un atelier écriture ?

J’ai eu l’idée de créer un atelier d’écriture en m’inspirant d’un ami sénégalais qui organise des ateliers de musique à Dakar. Je me suis dit que j’avais quelque chose à valoriser, moi aussi : mon savoir en scénario, en dramaturgie, mon goût pour l’écriture. Le lieu magique qu’est Keur Yaadikoone, sur l’île de Ngor, dirigé par Alassane Samb, qui m’a ouvert grand les portes, a fait le reste.

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Quel est son importance ?

L’atelier a été bien accueilli au Sénégal car il n’y a pas d’école comme la FEMIS, en France – École nationale supérieure des métiers de l’image et du son- ou l’INSAS,en Belgique- école supérieure des arts du spectacle et des techniques de diffusion et de communication de la Fédération Wallonie-Bruxelles-pour se former au cinéma, ou plus particulièrement au scénario. Les gens qui veulent faire des films se forment sur le tas, ou au Mediacentre, ou en fréquentant comme ils le peuvent des ateliers ou des résidences d’écriture. Donc, beaucoup de jeunes cinéastes ont été intéressés par l’atelier. Et les institutions, comme le FOPICA (centre de la cinématographie sénégalaise) m’ont fait savoir que mon initiative était intéressante pour le pays. Elle concerne pour le moment des groupes de 8 à 10 participants, mais pourquoi pas le développer davantage. Je suis partante.

 

 

 

Vous êtes entrain de réaliser un film adapté de votre livre Deuxième Femme qui revient sur un moment intense de votre vie: la rencontre avec votre futur époux Masseye et de sa femme Diodio,qui ne sait pas encore qu’elle deviendra une awo [NDLR: nom donné a la première femme d’un foyer polygame]Quels sont les thèmes qui y sont abordés ?

Deuxieme-femmeMon roman Deuxième Femme raconte une histoire très proche de celle qui m’est arrivée il y a vingt ans : une jeune française qui tombe amoureuse d’un artiste sénégalais… et découvre qu’il est marié. Puis accepte, par passion, de devenir sa deuxième femme. J’ai fait un documentaire sur mon histoire en 2005, j’ai écrit ce roman, qui a été publié en 2013 [ NDLR: vous pouvez écouter l’interview où l’auteure revient en détail sur cette période de sa  vie] et je prépare actuellement un film de fiction dans lequel je voudrais montrer une telle histoire d’amour dans sa complexité. Ce qui m’intéresse tout particulièrement est d’aborder le vécu polygame : les relations entre les trois protagonistes à l’intérieur de la maison. Je dois aussi bien réfléchir au sens que je donne à ce récit, des années après.

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Revenons en France, où votre documentaire Les hommes de Billancourt sort le Mardi 17 Avril sur France 2, une chaine de télévision française. À quoi doit-on s’attendre?

Le 17 avril sur France 2, Les hommes de Billancourt sera programmé. C’est le fruit d’une enquête qui s’est déroulée sur dix ans, auprès des anciens ouvriers de chez Renault.

 

Mon père était ingénieur chez Renault, à Billancourt et il a commencé en 1967. C’est sa génération, son monde professionnel que j’explore. Ce que j’ai voulu montrer, dans ce film, est comment cette usine a fait appel massivement à des étrangers pour les tâches les plus dures, les plongeant dans une difficile exploitation ; et la manière dont cette première génération d’immigrés a pris en main son destin au sein de l’usine.

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Au moment de mai 1968, 36 000 ouvriers de 56 nationalités différentes travaillent à l’usine Renault-Billancourt, à l’époque la plus importante de France. Travaillant dans des conditions extremement difficiles, ils seront aux premières lignes de la protestation. Maurice Bokanowski, un des ministres de la IIIe République, dira d’eux : «Quand Billancourt éternue, la France s’enrhume.» Jusqu’au début des années 1990, ces hommes seront la vitrine de la contestation sociale et de la lutte ouvrière pour leurs nombreux combats.Un documentaire fort sur vingt ans de lutte ouvrière chez Renault-Billancourt. Les hommes issus de la dernière génération qui a travaillé dans la plus grande usine de France livrent des témoignages pertinents. Ils font nous font revivre l’époque de ces luttes syndicalistes. Les témoignages des cadres et des patrons de l’entreprise offrent un contrepoint des évènements.

Retrouvez Les hommes de Billancourt ce Mardi 17 Avril 2018 sur France 2 à 20h 50 heures.

On remerciement énormément a notre réalisatrice Caroline Pochon qui nous donne de son temps comme toujours. Vous pouvez des à présent retrouver cette femme épatante et découvrez tout de son univers cinématographique sur son site.

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