La Dépigmentation, Révélatrice D’une Beauté Ephémère

Par Madonna Diatta

Le grand poète et le père de la nation sénégalaise, Léopold Sédar Senghor chante souvent la beauté de la femme noire: «vêtue de sa couleur qui est la vie». Elle, pourtant très belle, couleur d’ébène, cette femme autrefois à l’allure fière perd sa nature et sa beauté. Elle est séduite par la peau blanche et devient ainsi victime de son complexe. Un complexe qui la dénature et qui montre ses limites. Pour les femmes qui se dépigmentent la peau, il n’est pas nécessaire, au Sénégal, de débourser une forte somme d’argent ni de chercher les produits en vain. Ils sont présents dans le marché et accessibles à toutes les bourses. 

Malinet

 

Le “xessal” et ses conséquences sur la société

Les vendeurs de produits qualifiés de dangereux par les dermatologues, y retrouvent leur compte. Et pourtant, ils ont chacun des points de vue par rapport à la question de criminalisation des ventes de produits «xessal» voués en outre à la dépigmentation.

Parmi eux,Rahman Ba 32 ans, vendeur de produits cosmétiques au marché grand Yoff. Pour Rahman, la vente de ses produits  depuis 2009,lui permet de gagner sa vie. Toutefois, il affirme être conscient des dangers que ces derniers peuvent avoir sur la santé de ses clientes :« Je regarde souvent des documentaires de ce genre sur la chaîne nationale et c’est vraiment désolant ».

Il lui arrive souvent aussi de voir l’état monstrueux dans lequel finissent certaines de ses clientes. Néanmoins il est convaincu, malgré tout, que le problème  n’est pas à  leur niveau mais bien la faute de ces dernières  qui en réclament. Par conséquent, vu que la vente de tels produits leurs permet d’avoir  un bon chiffre d’affaire, ils se trouvent  obliger  de les mettre à la disposition de ces dames. La demande est très forte.Il peut avoir jusqu’à plus de 10 clients: femmes et hommes en une journée surtout en période de froid. Il lui arrive également que  certains hommes lui achètent les produits. Cependant, il dit ne pas être en mesure d’affirmer si c’est pour leur propre utilisation  ou destinés à leurs conjointes. Ses produits sont diversifiés avec différents appellations comme Vitfé, Lissa Afrique Caro white, ou Khess petch. Chacun, selon sa préférence et sa bourse y trouvera forcément son compte. Pour ce qui est de criminaliser leurs ventes, Rahman considère que chacun est libre de choisir et de faire ce que bon lui semble de sa peau et de sa santé. Il en profite pour ironiser en disant « Et de toute façon une femme blanche est plus belle et attire plus le regard », une façon peut-être pour lui de les encourager.

Pour revenir un peu sur la probabilité que la vente du « xessal » puisse être  interdit et même criminaliser au Sénégal, ce dernier pense  que l’État ne peut estomper leur exportation car ce fait de societé a pris de l’ampleur.

 

Alioune Dramé vend du “xessal” par manque de moyens

Un autre d’un avis moins radical, est celui d’Alioune Dramé qui, lui, a commencé la vente il y a un mois car les produits sont très demandés en cette période. Alors il s’est lancé pour voir le résultat et il en est très satisfait. Néanmoins, il admet que ce métier est loin d’être des plus nobles car il va à l’encontre de tous principes religieux. Il affirme qu’en qualité de commerçant, il se doit de servir  ses intérêts mais en bon croyant il est conscient d’avoir transgressé. Les prix des produits qu’il propose, varient entre 1000 à 6000 Francs CFA le moins coûteux se vent à 1000(PIA). Sur le point de vue du libre choix de chacun, Alioune rejoint l’avis de Rahman et dit « même si ma femme voulait se dépigmenter la peau je lui laisserai faire ». Selon lui, les vendeurs sont contraints de faire ce travail, quitte à nuire à la santé de certains. La situation économique du pays n’est pas évidente. Il souhaiterait arrêter à condition qu’il voit autre chose de meilleure. Il conseille cependant aux femmes d’arrêter l’usage et affirme avec conviction qu’il se plierait à la décision des autorités si toutefois ils interdisent leur commercialisation sur le marché. Selon lui la faute incombe à l’État qui devrait plus jouer un rôle d’assistant et créer de l’emploi afin que sa jeunesse ne dérive pas.

Tout n’est une question de confiance en soi. Comme pour dire que tout dépend de notre capacité à gérer les charges données. Tout est question de compétences et de la fidélité pour ce qu’elles sont vraiment. Ce complexe est un combat que toutes les femmes noires d’ici ou d’ailleurs doivent mener pour se libérer des chaines de l’Occident.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

w

Connecting to %s