La consommation locale : une alternative de développement peu exploitée

Par Madonna DIATTA

Produire et consommer est le secret du succès économique des grandes puissances. Pour un Sénégal émergent dans un proche avenir, l’État encourage les populations à se tourner vers les produits locaux (mais, mil, sorgho) cultivés au pays. Une idée approuvée par la population sénégalaise qui reste néanmoins perplexe. Car pour qu’il y ait une consommation locale à long terme, il faut d’abord assurer la qualité du produit.

Pourquoi certains Sénégalais restent perplexes ?

La consommation locale est un facteur de taille pour le développement économique d’un pays. Mais au Sénégal, la consommation locale a du mal à s’imposer et les cultivateurs peinent à écouler leurs différents produits (riz sorgho mais, mil). La qualité est, pour la majorité des sénégalais, la cause principale du refus de consommer local. En période de préparatifs comme la fête Tabaski, certaines dames choisissent l’oignon importé qui se conserve facilement et de meilleure qualité à la différence de l’oignon local comportant beaucoup trop d’eau, à leur gôut, et de surcroît à un prix plus élevé. « Je ne suis pas contre de consommer les produits locaux mais ces derniers devraient être soumis à un meilleur traitement pour faciliter la tâche aux populations », argumente Sophie, jeune consommatrice. Mis à part l’oignon, dont la qualité reste à désirer, le riz est également peu apprécié par la population surtout par les femmes qui trouvent que sa cuisson est très lente. La qualité de l’huile d’arachide est aussi remise en cause par certains spécialistes car elle contiendrait de l’aflatoxine (substance cancérigène). Avec toutes ces raisons qualitatifs s’ajoutent le problème quantitatif. Il y a souvent rupture de stock de certains produits comme le sucre ou le riz.

Les dangers facent à l’importation de produits de première nécéssité

Beaucoup diront qu’il faut être patriote pour se tourner vers les produits du pays car ainsi chacun participe au développement. Mais il faut bien plus pour imposer le ‘consommer local’ aux sénégalais. Concernant le riz certains préconisent son traitement afin qu’il soit adapté à la consommation. « L’État devrait mettre en place les moyens nécessaires pour une plus grande production », propose Rosalie, jeune étudiante. Cette solution est valable pour le sucre et l’oignon. Boubacar, commerçant au marché de Rufisque, dit vendre malgré lui, le riz parfumé importé qui comporte de multiples dangers pour la santé. En effet, selon le directeur de ISRA (Institut Sénégalais de Recherche Agricole) plus le stockage du riz est long, plus l’acidité augmente au niveau des graines. Par conséquent, l’apport en protéines baisse considérablement. « Le Sénégal est riche de par ses terres et ses cultures. Ce qui manque à sa population et à ses autorités c’est l’engagement et la volonté de construire une agriculture solide et prospère qui deviendra facteur de son émergence », conclue un jeune passant .

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